1ère édition de la semaine du banquier

Organisée pour la première fois au Burundi, l’Association des Banques et des établissements financiers se réjouit que la semaine du banquier arrive au moment où les institutions financières jouent pleinement leur rôle dans le développement économique du pays. « Nous comptons plus de 4 mille milliards de crédits accordés au secteur privé et plus de deux mille milliards de crédit accordés à l’Etat », a indiqué Roger Guy Ghislain Ntwenguye, président de l’ABEF. Malgré ces avancées salutaires, les défis dans le secteur sont multiples, déplore-t-il. Et parmi ces défis, M. Ntwenguye a principalement soulevé l’inflation galopante ainsi que la récente mesure de la banque centrale de voir à la hausse le taux directeur qui est passé de 5 % à 10 %. « C’est toute l’activité qui sera impactée. Les banques seront obligées d’ajuster les taux d’intérêt, vous comprenez que cela engendrera des hausses additionnelles sur les crédits », a-t-il expliqué ; et la hausse du taux directeur a une incidence directe sur le financement de l’économie. « Si les crédits deviennent chers, l’activité économique sera touchée, car les banques n’auront pas les capacités de financer les grands projets parce que les bénéficiaires de ces crédits auront du mal à rembourser », regrette Roger Guy Ntwenguye. À côté de ces mesures contraignantes, le président de l’ABEF a également évoqué l’inscription hypothécaire et la taxe sur les activités financières (TAF) de 8 % instituée par la loi budgétaire 2023-2024 et qui n’est malheureusement pas déductible. Néanmoins, le Président de l’ABEF n’a pas manqué de rassurer l’opinion publique. Selon lui, ce taux directeur proposé reste encore temporaire et d’ajouter que ladite mesure est toutefois bonne pour aider les banques à se renforcer afin de faire face à des éventuelles crises. « Le taux proposé, je dirais qu’il a été discuté. La banque centrale nous a rassurés qu’avec le temps, des mesures d’atténuation seront prises », tranquillise le président de l’ABEF. Il a également encouragé les autorités publiques à prendre des mesures fiscales tenant compte des réalités économiques dans le pays et d’adopter aussi des mesures d’accompagnement pour mettre à niveau l’économie nationale.

Le secteur bancaire voué à lutter contre une autre dévaluation de la monnaie

Lors des échanges tenus au cours de cette semaine du banquier, les participants ont manifesté leurs appréhensions sur les écarts des taux de change entre le marché parallèle et le marché officiel. « Nous sommes conscients que les écarts sur le marché officiel et sur le marché parallèle créent des distorsions dans le fonctionnement économique », révèle Roger Guy Ghislain Ntwenguye, président de l’ABEF.Selon lui, il faut des préalables pour atténuer ces écarts, dont la disponibilité des devises passant par des apports et les appuis des partenaires, dont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. « Il faut aussi des investissements directs étrangers et cela sera possible tant que le climat courant des affaires sera sain », renforce le président de l’ABEF. Toutefois, il apprécie les réformes déjà énoncées par la banque centrale pour réduire ces écarts de change entre le marché officiel et marché parallèle, dont la libéralisation du marché de change et la révision du code minier pouvant selon lui, permettre au Burundi d’exporter plus de minerais. « Nous pensons qu’au niveau du secteur bancaire, on se doit d’accompagner ces réformes pour atténuer ces écarts des taux de change et éviter éventuellement une seconde décision d’alignement des taux par la banque centrale ».

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juillet 24, 2023

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